La piazza

Cristina Catalano, participante italienne aux Rencontres internationales des jeunes créateurs et critiques d’art du FTA, lors de sa pause déjeuner, a rencontré Francesco D’Arelli, directeur de l’Institut italien de culture de Montréal.

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Nous avons réfléchit ensemble autour de la participation de l’Italie au Rencontres internationales des jeunes créateurs et critiques d’art du FTA. Quelle place pour l’Italie au sein de la programmation du FTA et des Rencontres ? Quelles sont nos attentes et quel regarde artistique et culturel voulons nous apporter au FTA? Cette conversation nous a amenés à l’idée de la Piazza (la place). Espace urbain, née en Italie lors de la Renaissance, directement influencée par l’agora grecque (mot qui dérive du verbe grecque : rassembler), la Piazza italienne est le symbole de l’échange, d’un espace de rencontre et de communion avec l’autre. La Piazza comme métaphore du FTA, tout comme Les Rencontres internationales des jeunes créateurs et critiques d’art : espace de pensée, de contamination (comme souligne Francesco D’Arelli) et d’échange entre visions hétéroclites.

Cristina Catalano : « Depuis quelques jours je vis cette nourrissante expérience de dialogue avec mes camarades, je m’interroge : que symbolise pour vous l’Institut de culture italien de Montréal au sein des Rencontres internationales du FTA ? »

Francesco D’Arelli : « Toute au long de l’histoire, l’Italie a édifié des ponts avec les autres cultures, les autres peuples. Je vois ces ponts comme des véritables moments de dialogues et de rencontres avec l’autre, des instants de contamination nourrissants. Et le Festival TransAmeriques je le considère comme un moment de discussion artistique puissant qui va au delà des contextes géographiques parfois très éloignés, comme c’est le cas du Québec et de l’Italie. L’Institut italien de culture de Montréal, avec ses multiples implications, essaye d’affirmer l’italianité, de s’impliquer dans le dialogue interculturel et aussi de faire connaître la scène artistique italienne contemporaine dans des milieux très différents comme le FTA. C’est dans cette perspective qui s’inscrit notre participation au sein des Rencontres internationales des jeunes créateurs et critiques d’art du FTA. »

Cristina Catalano : « Ce que vous affirmer me renvoie à l’un des moments clef des Rencontres internationales : la présentation des pratiques des participants. Chacun de nous est invité à présenter sa propre pratique artistique et critique au groupe, cela donne vie à des débats variables. A la fin de chaque présentation, j’apprends quelque chose de plus de la scène artistique, politique et culturelle que mon camarade représente. Et j’ai fait autant avec mon pays, l’Italie. Lors de ces moments, il y a tout un corpus de connaissances autour d’artistes, festivals, pratiques, lieux qui sont partagés avec le groupe. C’est un condensé de connaissances qui nourrissent ma pratique et ma personne et en même temps qui nous aide à mieux connaître les spécificités culturelles des nos pays… parfois ses limites et ses contradictions. »

Francesco D’Arelli : C’est le contact humain avant tout qui doit guider ces rencontres au FTA. Je crois que là où il y a la possibilité de favoriser la confrontation avec l’autre nous ne pouvons qu’assister à la naissance d’un dialogue : cette expérience merveilleusement humaine qui est le dialogue avec l’autre. Justement, je considère les Instituts de culture comme des maisons, des auberges ouvertes à tous. J’aime beaucoup le concept de Piazza

Cristina Catalano : un lieu de discussion, de rencontre… un espace ouvert accessible à tous… La Piazza est une conception urbanistique qui remonte à l’époque de la Renaissance italienne. Etant un lieu ouvert, la Piazza favorise la rencontre et la participation des tous au dialogue…

Francesco D’Arelli : la Piazza c’est le partage…

Cristina Catalano : « Cette idée que vous évoquez me renvoie à mes journées au sein des Rencontres. Avec mes camarades j’expérimente chaque jour la réflexion, le dialogue. Beaucoup de questionnements : nous n’avons pas toujours une réponse (c’est peut être mieux ?!). Nous interrogeons notre manière de regarder la création artistique, le rapport au spectateur. Une questionne me travaille beaucoup dernièrement : comment parler et écrire sur une œuvre ? Je crains la théorisation d’un comment, qui figerait toute possibilité d’évolution critique. C’est pourquoi les visions subjectives de chacun me nourrissent autant que des écrits scientifiques.

La programmation du FTA cette année affiche des artistes italiens tels que Romeo Castelucci (Go down, Moses), Daria Deflorian et Antonio Tagliarini (Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni). Comme voyez-vous ces partitions en tant que directeur de l’Institut italien de culture de Montréal ? »

Francesco D’Arelli : « Nous avons soutenu et encouragé la participation de la compagnie Raffaello Sanzio de Romeo Castellucci au FTA. Encore une fois, ces collaborations sont l’occasion d’un échange prolifique avec le public du festival. Et l’interculturalité – à laquelle j’aspire – pourra naitre grâce aux échanges entre diverses réalités artistiques comme celle que l’Italie essaye d’affirmer. Malgré les contraintes, même monétaires, ce qu’il ne faut jamais cesser de faire c’est de semer, sans s’inquiéter de ce qu’on va récolter : semer dans les terrains des autres, laisser toujours une partie de nous dans les autres. »

Propos recueillis par Cristina Catalano

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