Carte blanche aux Rencontres Internationales

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FTA, mardi 31 mai

On peut voir des spectacles, se rassembler, discuter, projeter de nouvelles créations, de nouveaux modes de diffusion et imaginer bien des choses, mais si à la base on ne change pas notre façon de voir le monde et de le penser, si on ne se fait pas violence pour renverser la vapeur, on ne fait que reproduire ces dynamiques de domination ou ces discours dominants qui sont ancrés en nous. L’essentiel ne réside pas en nos fabuleuses idées de développement, l’essentiel se situe en amont de nos projets passionnés. L’essentiel ne vient pas naturellement. L’essentiel n’est pas le fruit du flot ininterrompu de nos pensées et de nos envies, aussi positives soient-elles. L’essentiel, dans un monde devenu aussi hostile que le nôtre, c’est de résister. C’est être alerte et sagace, être aux aguets de nos propres glissements.

Résister à la domination, celle qu’on impose sur les autres, parfois même sans le savoir.

Résister à l’envie de fermer les yeux sur nos privilèges.

Résister à nos réflexes racistes et sexistes, entre autres.

Résister à ce qui nous facilite la vie et qui obstrue celles des autres.

L’essentiel, c’est peut-être qu’au cœur de nos préoccupations se retrouvent notre domination, nos privilèges et nos réflexes. Que nous ne parlions pas tant de ceux et celles qui en souffrent, mais plutôt de « nous », ceux et celles qui contribuent au maintien de cette oppression. Que nous regardions en face notre approche de dominant.es, pas pour se culpabiliser, mais pour jouer cartes sur table avec nous-mêmes, pour se responsabiliser. Après, le vrai travail commence.

Aujourd’hui autour de la table, il me semble que Hannah Pfurtscheller a évoqué certaines questions des plus cruciales pour le développement du milieu culturel. Je les rapporte ici avec de petits ajouts pour qu’elles englobent des préoccupations qui dépassent les frontières de l’Europe.

Comment aborder les collaborations internationales et les relations professionnelles, sans pour autant reproduire les structures coloniales?

Comment redessiner le discours de la scène des arts contemporains, pour changer et quitter la perspective euro centrique/occidentale?

Il me semble que la réponse à ces questions réside quelque part dans la compréhension de ce que nous contribuons à maintenir en place comme système, de nos biais, de nos positions privilégiées. De notre ignorance aussi. Hannah a dit quelque chose comme : Ce qu’il y a de plus risqué dans ce métier, c’est de ne pas « savoir », de ne pas tout comprendre des réalités diverses qui nous entourent pour faire des choix intelligents, porteurs de sens.  Et pourtant, il faut vite admettre qu’on ne peut pas tout savoir.

Alors la seule chose qu’on peut espérer, c’est peut-être d’ouvrir suffisamment ses horizons pour en savoir « plus ». Un modeste début, qui a le mérite d’être honnête et significatif.

PRISCILLA GUY – MONTRÉAL

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