Carte blanche aux Rencontres Internationales

MILLE BATAILLES (DANS LE VIDE)

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas aimé le spectacle. Comme ça, le « punch » est vendu.

Citons d’abord les points positifs pour ne plus y revenir : Louise est une très grande danseuse, bourrée de talent. J’ai rarement vu des gens danser aussi bien qu’elle et avec autant de fougue (je me rappellerai toujours la fois où j’ai vu son duo avec Marc Béland dans La La La Human Step – Human Sex).

Cela dit, le spectacle que j’ai vu hier soir était pour moi insipide. Sans intérêt. Le discours derrière cette pièce de danse est (ironiquement) clair – il s’agissait de trouver une manière différente de danser (ce qui n’est pas le cas puisque ce sont au final beaucoup de mouvements de ses anciens spectacles qui se retrouvent dans celui-ci). Il faut avouer que ce n’est pas évident de sortir de son propre registre de mouvements après tant d’années à l’explorer. J’ai d’autant plus été marqué par le manque de profondeur du discours et des chorégraphies. Après 5 minutes, le spectacle était dans la boîte, rien ne changerait (mis à part l’apparition d’un autre danseur, faisant écho -ou non- aux mouvements de Louise).

 

« Ne sommes-nous pas tous plus légers que nos doutes, nos drames et nos luttes ? » nous dit Louise, dans le programme du spectacle.

Peut-être. Mais est-ce une raison pour que le spectacle soit d’une telle légèreté qu’il ne nous reste rien après celui-ci avec quoi repartir ? Pourquoi au juste sommes-nous allés voir « Mille Batailles » lundi soir ? Qu’avions-nous à gagner ? Qu’avait-elle à partager avec nous ? Quel discours tenait-elle (autre que de vouloir se donner un défi – ce qui au final est un peu égoïste car nous ne nous sentons pas appelés à la suivre dans cette « quête ») ? Louise qui se dit pourtant « tyrannique envers elle-même en période de création » n’aurait-elle pas du appliquer cette rigueur à son discours ? Tant qu’à y être, j’aurais préféré assister au questionnement de l’artiste qui la pousse à vouloir encore créer après tant d’années. Pourquoi, à presque 60 ans, avoir encore envie de danser, qu’est-ce que ça représente et surtout, comment y arriver ? Peut-être y serait-elle arrivée si nous avions été dans un registre lent plutôt que dans une fougue (habituelle).

Bref, tant de questions qui ne trouveront pas de réponses puisque le spectacle lui-même n’a su y répondre.

Thomas Duret.

Les gorgones sont ouvertes aux commentaires, elles apprécient aussi les courriers à lesgorgonesdufta@gmail.com : elles se feront un plaisir de vous lire, vous répondre où vous publier sous forme de carte blanche.

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