Le mot d’ouverture de Martin Faucher

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Crédit photo : Maude Chauvin

 

« Monsieur Luc Fortin, ministre de la Culture et des Communications du Québec, Distingués invités,

L’accent circonflexe sur certains « i » devant un « t », le « i » dans oignon, le français sur l’île de Montréal, les artisans capables de sculpter des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches sur les corniches des balcons du Plateau Mont-Royal, les grenouilles qui vivent dans les milieux humides et qui ont le malheur d’être situés près d’un centre d’achat d’une ville de banlieue, les terres agricoles au Saguenay, au Lac St-Jean, le tiers des oiseaux du Québec, les milliers de films de la Boîte noire, les statues de l’Île de Pâques, Miami, New Orleans, l’atelier d’Ernest Cormier, les paysages vierges d’Anticosti, les neiges éternelles du Kilimandjaro.

Nous vivons une époque troublante de lentes disparitions, de dématérialisation. La désocialisation nous guette. Et pourtant vous êtes là, je suis là, tous réunis ce soir en chair, en os et en esprit dans l’espoir que l’art suscite, dans le plaisir de la rencontre, de l’inédit, de la fête, du merveilleux.

Pour les 14 prochains jours, le Festival TransAmériques occupera un territoire précieux, inestimable : 12 théâtres montréalais. La scène du théâtre La Chapelle mesure 38 X 30, celle d’Espace Libre, 75 X 36, la grande salle d’Espace Go 56 X 40, la petite, 39 X 45, celle de l’Agora de la danse 38 X 47, celle d’Usine C 59 X 70, Prospero 35 X 30, Pierre-Mercure 67 X 53, Ludger-Duvernay au Monument-National 44 X 74, 44 X 32 au Théâtre d’Aujourd’hui, 50 X 70 à Denise-Pelletier, à la Place des arts, la 5Ème Salle mesure 35 X 50, Jean-Duceppe 100 X 50. 33 316 pieds carrés que nul promoteur/développeur/faiseur de richesse ne viendra gâcher. 33 316 pieds carrés que des artistes venus de partout sur la planète viendront cultiver avec le terreau le plus beau et le plus noble qui soit, le terreau de l’imaginaire.

Ils viennent de Bâle, Anvers, Rotterdam, Strasbourg, Halle, Lausanne, Rome, Toronto, Paris, New York, Gand, Halifax, Cesena. Ils vivent ici à Montréal. Tous ont à cœur la beauté. Les artistes avec leur sens incroyable de la résilience seront probablement les derniers animaux sauvages à s’éteindre. Avec leurs mots, leurs chants et leurs danses de la résistance, ils inventent et réinventent la danse et le théâtre pour mieux parler de nous, nous dire que nous sommes fragiles, nous dire que nous sommes vivants.

Je nous souhaite un formidable FTA 2016. »

Martin Faucher (Allocution prononcée le 26 mai 2016 en ouverture de la 10e édition du Festival TransAmériques à Montréal).

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